Ego

Ego
Présentation de ma personne :

Nom : Spittler
Prénom : Juliette
Âge : 18 ans. Pour le moment le seul intérêt de ma majorité est que j'ai pu donner mon sang.
Couleur des cheveux : châtains clair tirant un peu sur le roux.
Couleur des yeux : marron verdâtres
J'aime : la musique (classique et métal), le piano, ma famille, mes amis, les livres (Trône de Fer powaaaaaaaa !) et les mangas, les bons animes et les bons films, écrire. La beauté quand je la vois. J'aime les gens qui possèdent un peu d'humour et qui savent être fous. Mes chats <3
(sinon j'aime broder et tricoter... J'arrête)
Je n'aime pas : les maths (hehe je n'en ai plus cette année ! \o/), les gens qui se prennent au sérieux ou qui blessent les autres par plaisir... et encore beaucoup d'autres choses, parmi lesquelles le téléphone.
Je hais le téléphone.

Et sinon, je suis en P1, ce qui m'a permis de découvrir beaucoup de matières passionnantes, et surtout, surtout, des gens extraordinaires que je suis fière de connaître : la géniale Emeline, à l'humour mordant et au c½ur d'or, la gentille Eva toujours d'humeur égale, plein d'autres personnes... Et bien sûr, Mélanie, qui est et restera toujours l'une des personnes les plus gentilles que je connaisse.
J'espère me montrer digne de leur amitié. En fait, j'appréhendais cette année, parce que je ne connaissais personne à part Mélanie, et que je suis handicapée du contact humain (mes tendances asociales qui reprennent le dessus, malgré les progrès que j'ai pu faire là-dessus au cours des années). Jamais je n'aurais imaginé qu'en avril je serais si heureuse de pouvoir les voir tous les matins, ces personnes qui m'étaient étrangères il y a quelques mois.
C'est pour cela que je vais regretter cette année (je n'aurais également jamais pensé pouvoir imaginer regretter une P1 ! pourtant c'est le cas...)
Voilà. Mes phrases précédentes avaient été écrites au tout début de l'année, et ne rendaient plus compte de la réalité. Laquelle est que je les adore, et que l'article d'en dessous peut aussi s'adresser à eux.
Sur ce, je mets fin à ma logorrhée écrite.

P.S : sur la photo c'est moi et mon petit chartreux Darwin

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 15:32

Modifié le jeudi 02 avril 2009 15:44

Amitié

Etant petite, je n'avais pas d'amis.

Je craignais les moqueries des autres enfants et leur cruauté, je n'aimais pas parler.
Les livres étaient mes seuls amis, leurs personnages me soutenaient quoi qu'il arrive, et auprès d'eux j'oubliais ma timidité maladive. Je n'avais pas peur de leur jugement, et c'est à eux que je dois certains des meilleurs moments de mon enfance. Auprès d'eux j'étais enfin libre.

Maintenant, j'aime toujours autant les livres et leurs personnages, mais j'ai appris à parler aux autres, qui m'ont apporté plus qu'aucun être d'encre et de papier ne pourra jamais le faire. J'ai l'immense bonheur d'avoir des amis, bonheur que j'apprécie à sa juste valeur. Quand je suis triste ou quand j'ai des problèmes, ils sont là pour m'aider malgré mes défauts et mes faiblesses.

Pour cela, et pour tous ces souvenirs heureux que je vous dois, merci !


Amitié

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 16:17

Modifié le dimanche 09 décembre 2007 14:25

Le Spectre

Tout tourne autour de lui. Le ciel, la terre et la mer confondus.
Quoique il n'y ait ni mer ni ciel.
Les ténèbres tourbillonnent autour de son crâne douloureux, et il sent des nausées l'envahir.
Il va vomir. Autour de lui il n'y a que du noir et au loin la blancheur indifférente d'un couloir d'hôpital aseptisé. Pourquoi est-il dans un hôpital ? Il a horreur des hôpitaux, tout ce blanc, on dirait une publicité pour une eau de Javel bon marché. Pourquoi toujours du blanc dans les hôpitaux ? Est-ce pour mieux voir le sang des patients ?
_Quand je serai Président, j'interdirais le blanc dans les hôpitaux. Y'aura que du noir partout... Ah non, ça, c'est les Pompes Funèbres... A croire qu'ils ont déposé un brevet, hein ? , croassa t-il en ricanant. Il reconnaît à peine sa propre voix qui n'est plus qu'un gargouillis rauque. Mais que lui arrive-il ?
Il entend des voix, très loin. Jeanne d'Arc, le retour.
...Oh mon Dieu ! Regardez... son visage ! IL N'A PAS DE VISAGE !... Qu'est-ce que c'est Maman ? Ne regarde pas, ne regarde pas... Vite un brancard ! Il y a un macchabée dans mon couloir !... Mais Monsieur, il bouge ! Il n'est donc pas mort ?... Il y a plein de sang, et son VISAGE! ...
Qu'est-ce qu'ils foutent tous ces gens ? Et pourquoi est-ce qu'il ne voit rien ? Que lui arrive t-il ?
Il se met à pleurer. Il se rend compte qu'il a mal. Partout. Aux mains et au visage.
Quand il essaie d'essuyer ses larmes, il sent qu'il a plus pleuré qu'il ne le croyait. Tout son visage est humide et poisseux, comment peut-on pleurer autant ? Il a mal quand il touche.
Il a vraiment envie de vomir. Il n'y tient plus, il s'accroupit et vomit sur le blanc. Le blanc, c'est tout ce qu'il voit. C'est bizarre.
Tout tourne autour de lui. Le ciel, la terre et la mer confondus.
Quoique il n'y ait ni mer ni ciel.
Des hurlements. Pourquoi ?
On le touche ; il hurle de douleur.
La dernière chose dont il se souvient est qu'on l'a allongé, sur un brancard peut-être, puis plus rien, les étoiles et le ciel noir de la nuit.


Lorsqu'il se réveille, la première chose qu'il voit est un rayon de soleil.
Il l'observe. Les poussières qui traversent la lumière ont l'éclat et la beauté de pépites d'or.
_Vous êtes éveillé ? Il faut que je vous parle, vous...
Moi aussi je pourrais être une poussière.
_...grièvement blessé, nous avons sauvé vôtre ½il droit, mais...
Me déplacer sur les courants d'air, ça doit être génial, j'aimerais...
_... vous dire, vôtre visage a été lacéré avec un objet tranchant...
être ainsi, comme une étoile au soleil...
_... le bout de vôtre nez, vos oreilles...
Ce serait au début surprenant...
_... tranchés. A vrai dire, vous...
Mais on se fait à tout...
_... une cellule d'aide psychologique est à vôtre disposition...
Oui, ce serait une solution...
_... mon vieux, il vous reste l'espoir...
Être l'étoile du soir...
_... Pour finir, je vous plains. Ce qui vous arrive est une horreur...
Mais même les étoiles meurent...
_... Je suis désolé pour vous. Des bruits de pas et une porte qui claque.
Moi aussi...
Quelqu'un ferma le rideau, et ce fut le noir.

Trois jours plus tard, sa vie ne courant plus aucun danger, on le sortit de l'hôpital.
Ce fut un soulagement pour lui. Il n'aimait pas le blanc des murs.
Marchant dans la rue, il se rendit compte que personne ne le regardait. Il devait être un fantôme.

Ah si, une femme enceinte le vit une fois. Avec de gros yeux exorbités, elle se mit à crier et s'effondra dans la rue. Alors qu'il essayait de l'aider à se relever, l'homme qui l'accompagnait le frappa. Lui aussi le voyait, et l'expression horrifiée, révulsée de son visage lisse hante son esprit. Il n'eut que le temps de voir une ambulance emmener la femme avant de s'enfuir.
Il ressentait quelque chose. Comme une pierre sur le c½ur et dans la gorge.
Il était triste, il était seul.
Personne ne le voyait. La seule personne qui lui parlait était son reflet dans le miroir.
Il était seul, il était invisible.
Un jour il vit un pont au dessus de l'eau sombre. Les flots tumultueux du fleuve l'attiraient, l'appelaient. Il y voyait le reflet de l'éther nocturne, la lune blafarde et les astres d'argent.
Il était un spectre.
C'était si beau. Alors il plongea dans le ciel et devint une étoile.

Une petite histoire que j'ai écrit il y a un certain temps déjà. Elle n'est pas très bien structurée, et je me suis promis de la retravailler un jour, mais j'oublie à chaque fois. Un jour, je la développerai...

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 17:55

Modifié le mercredi 01 avril 2009 17:11

Paresse

Paresse
Un soupir, l'inévitable ennui nous accable,
Deux soupirs, cette affreuse langueur vient sans fin,

Trois soupirs, notre niveau d'énergie dévale,
Ne plus rien faire... Ah ! paresse quand tu nous tiens...


Membres et esprit pareillement amorphes sont,
Cet esprit qui vers des contrées ternies s'égare,

La fatigue m'envahit, insidieux poison !
J'espère de cette petite mort le départ.


Le monde autour de moi s'éveille et je sommeille,
Mon réveil est de mes rêves le prisonnier,


Sans fin je résiste et l'horizon vient vermeil,
Las ! Je suis à mon rêve étheré enchaînée.


Les plus pesantes, les plus aériennes sont
Mes chaînes ; mes yeux sont aveuglés, je n'entends plus,

Et je méprise cette paresse sans fond
Qui, douce, ma volonté et mon être tue.


Ne plus rien faire... Ah ! paresse quand tu nous tiens...
Quelle misérable chose que cet état

Qui, silence à pas furtifs, nous ôte tout bien...
Que le jour vienne où elle me libérera !


Et par paresse je n'ai plus l'envie de vivre,
Le sommeil éternel est, seul, une solution,

Mon unique solution pour être libre,
Et l'abîme sur la réalité fait pression...


Délire une fois en cours de français...

P.S : voici l'un de mes chats, Salem, un psychopathe (son cadeau pour Noël dernier a été de me lacérer la main...) mais aussi la paresse incarnée, d'où sa place dans cet article.

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 18:16

Modifié le dimanche 09 décembre 2007 14:42

Une rencontre...

Il y a une boutique de mangas rue Keller, près de la Bastille, où je suis déjà passée quelques fois.

Or, à chaque fois que j'y vais, je vois une femme âgée qui demande l'aumône, recroquevillée près de l'entrée obscure et sale d'un parking souterrain. On ne la voit quasiment pas en marchant, cachée derrière un pilier, juste comme un tas de chiffons près d'une tente, le genre de choses qu'on ne veut pas voir, tout simplement. On l'entend juste implorer le passant, d'une voix rauque qui peut s'élever en un cri brusque devant l'indifférence et le mérpis dudit passant.
Mon père m'a souvent dit qu'il trouvait presque plus cruel d'entretenir la dépendance des SDF en leur donnant de l'argent que de ne rien leur donner du tout, puisque que ce procédé les encourage à demeurer dans leur condition humiliante. Personnellement, je crois que donner deux bouts de métal sans un mot ni un regard témoigne d'un certain mépris pour la personne en question.
Mardi, je passais par cette rue en serrant mon manteau contre moi, car il faisait froid, et je revis cette femme. Un homme bien vêtu venait de passer devant elle, et le regard qu'il lui jetait était celui qu'il aurait pu avoir devant les déjections d'un animal.
Cette attitude me révolta, avant que je ne me rende compte que j'agissais de la même façon en fait. Occupée par mes petites affaires, je ne prêtais aucune attention aux autres, ne me préoccupant que de moi-même. Etait-ce pour essayer de me racheter ? Je résolus de parler à la vieille femme. Surmontant ma timidité, je trouvai deux euros, me dirigeai vers la silhouette indiscernable et m'adressai à elle :
_Pardon, est-ce que je peux vous donner quelque chose ?
Je vis alors son visage se relever, un visage rougi par le froid et hâlé par une vie dans la rue, surmonté de cheveux gris courts coiffés d'un vieux bonnet. D'une main tremblante, elle me tendit son gobelet en plastique en me remerciant. Je lançai un regard au fond du récipient : à la fin de la journée, un seul passant nanti avait eu la générosité extraordinaire de lui donner une piècette de 50 centimes. J'y ajoutai mes deux euros.
_Il fait vraiment froid... Est-ce que ça va aller pour vous, de rester comme ça assise dehors par ce temps ?
Comme si je pouvais y faire quelque chose... Mais le regard surpris de la SDF me montra qu'elle était touchée par la question.
_Non, ça va aller, regarde... Il y a un parking souterrain en-dessous, et la chaleur remonte par la grille à côté, touche voir !
Je contournai le pilier, et en mettant à genoux sur le trottoir, je passai la main sur la grille en question. Effectivement, une faible chaleur en émanait, à peine moins froide que l'air ambiant. J'étais consternée, et lui demandai encore une fois si ça aller pour elle, avec cette grille qui ne chauffait quasiment pas. En me souriant elle me dit de ne pas m'inquiéter, avant de me demander mon nom. J'appris quand à moi que le sien était Lucie. Un nom que j'associe à une petite fille joyeuse, pas à une pauvre mendiante blottie au-dessus d'une bouche d'aération. Mais cette femme avait été une enfant et une adolescente aimée sans doute, entourée de sa famille et de ses proches. Comment avait-elle pu devenir ce qu'elle est aujourd'hui ? Comment de telles tragédies peuvent-elles se produire ?
On est souvent triste pour des personnages fictifs, on pleure même pour eux, dans les films ou les livres. Mais nul besoin d'aller chercher la misère humaine dans des mondes imaginaires : il suffit de regarder au coin de la rue pour éprouver de la tristesse. Et j'avoue que dans le métro qui me menait ensuite à Anvers les larmes me montèrent aux yeux.

En tout cas, je crois que, plus que mes deux malheureuses pièces, ce qui a fait plaisir à cette femme si gentille est que quelqu'un lui parle et se soucie d'elle comme d'une personne et non comme d'une partie du paysage qui gêne tout au plus. A l'avenir, lorsque j'irai acheter mes mangas j'en profiterai pour parler un peu à Lucie...

# Posté le vendredi 16 novembre 2007 10:28

Modifié le dimanche 09 décembre 2007 14:25